A la rencontre de Monique Vittaz

Monique Vittaz, bénévole à la Maison de Retraite Korian  ou « comment amener de la joie aux seniors »

Monique Vittaz, qui se qualifie humoristiquement « d’immigrée francilienne », est Cahuzacoise depuis 2001. Elle a choisi de s’installer dans le Tarn à sa retraite, parce que notre région est « belle, festive, dynamique, proche de la montagne, des lacs et de la mer ». Et aussi, parce que son époux était un bon vivant et appréciait la « bonne bouffe du Sud-Ouest ».

Au grès de ses promenades pédestres, Monique « papote » avec les anciens du village ainsi qu’avec les résidents de la clinique du Château, lorsque ceux-ci prennent le soleil sur les bancs dans le parc.

En février 2017, elle se présente à la Maison d’Émilienne dans le but de tenir compagnie aux résidents qui le souhaiteraient. Depuis, elle vient un jeudi tous les quinze jours à partir de 14h30, pour échanger autour de l’actualité, ou des petites anecdotes de la vie. « J’espère leur apporter du bien-être ». Se succèdent des moments de lecture de la Dépêche du Midi, de promenades à l’intérieur de l’établissement, d’évocation de souvenirs personnels à partir de photographies que Monique leur montre (par exemple : « vous souvenez-vous de votre mariage, de votre communion? »).

La palme de ces instants de partage revient à la lecture de l’horoscope qui provoque souvent des fou-rires partagés.Nous lui demandons quelles sont les qualités nécessaires pour réaliser cet accompagnement : « Prendre le temps, être capable d’écouter avec respect et enfin de partager avec la sensibilité nécessaire pour réveiller joie et bonheur de vivre dans des cœurs quelquefois fatigués de vivre ».

Paradoxal dans notre société où l’on a pas le temps, où l’on a souvent perdu la capacité à écouter et où l’objectif de vie n’est plus focalisé sur la joie de vivre. Avoir le sentiment d'être inutile: la première mort des personnes âgées est «une mort par exclusion de la “vraie vie”, celle des gens qui bougent, qui vont vite, qui travaillent», souligne l'étude réalisée en 2014 par l'ONFV1.

Monique par son action bénévole, essaye de leur apporter ce « rayon qui réveille » autour d’un sujet qui les intéresse, souvent lié à la mémoire d’un événement. Et qui envoie au loin ces sentiments de « solitude, d’abandon et d’inutilité qui peuvent être présents ». A notre question, pourquoi faites vous cela, Monique nous répond : « Peut-être parce que je n’ai pas connu mes grands parents. Et aussi, parce que vivant seule depuis le décès de mon mari, j’imagine que si j’allais en maison de retraite, je serai heureuse que quelqu’un vienne me voir et me tienne compagnie ».

L’action bénévole de Monique vient illustrer le souhait de l’équipe Municipale, et de la Maison de Retraite Korian à maintenir le lien entre les résidents de la maison de retraite et les habitants de la commune : elle vient compléter l’écosystème bienveillant des soignants et accompagnants de la Maison de Retraite Korian, en proposant aux résidents un espace temps qui n’est pas « en retrait »: des moments conviviaux de bonheur, avec en toile de fond un respect fort de l’histoire et la personnalité de chacun.

Il existe en France quelques initiatives intéressantes, comme « La maison de retraite où vieux et jeunes sont écolos et heureux », à Nancy : « La maison de retraite Simon-Bénichou est un lieu de passage et de rencontres où voisins du quartier, jeunes d’écoles proches, petits d’un multi accueil et familles partagent des moments conviviaux, avec en toile de fond un respect fort de l’environnement. » 

Merci à Monique pour son action de bénévole : pourquoi ne ferions nous pas de même, à notre échelle ? L’on sait  que les petits ruisseaux forment de grandes rivières.

Propos recueillis par Evelyne Rouanet et Michel Spasky